jeudi 12 mars 2009

Le jardin oublié...

Elle aimait le clos. De la rue Saint-Alban on y accédait par une grande porte cochère, à deux battants, toujours fermée. Dans la grande porte, une porte plus modeste était aménagée, c’est par là qu’on entrait. La porte franchit on se retrouvait sous une voûte formée par la maison d’habitation. Puis une cour gravillonnée où fleurissait un magnolia. Les larges fleurs charnues exhalaient un parfum entêtant. La cour aboutissait à un escalier, comportant 5 ou 6 marches, prolongé de chaque côté par un muret où les chats jouaient au lézard. Au bas de l’escalier s’étalait le jardin, avec ses allées en forme de croix. Au centre de la croix un parterre de rosiers buisson d’un rouge franc exploserait ses parfums et ses couleurs au mois de mai, pour l’heure savamment taillés, ils signalaient leur éveil par des bourgeons grenat et vert. Sur la gauche une dizaine de buttes attestaient de la présence de turions d’asperges. Elle aimait chasser l’asperge, comme elle disait, il fallait repérer la petite pointe, qui affleurait de la terre. Son père enfonçait dans la terre meuble, un outil à long manche, donnait un petit coup sec et tirait délicatement l’asperge qu’il déposait dans un panier. Quand c’était le moment, il y en avait tant qu’ils en mangeaient jusqu’à l’écoeurement. Le jardin était entièrement clos de murs. Un espace protégé des vents forts que le moindre rayon de soleil réchauffait. Sur les deux murets partant de l’escalier et qui côté jardin avaient environ deux mètres de haut, se réchauffaient des poiriers conduits en palmettes, ils donnaient à l’automne des fruits coulant le sucre, que l’on devait protéger des guêpes. Les planches de légumes s’alignaient de chaque côté de la large allée centrale, bordée en été de petits œillets mignardises blancs et d’œillets de poètes. Une bande étroite était consacrée aux plantes aromatiques, persil, ciboulette, estragon, thym. Ail et oignons se trouvaient à proximité. Une planche était prête pour recevoir les pieds de tomates. Les tomates qu’elle adorait manger avec une tranche de pain aillée et qui souvent laissaient dégouliner leur jus sur sa salopette…(à suivre)

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Vos remarques, vos petites visites, sont pour moi des rayons de soleil, merci pour cette douce chaleur.

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