Le jardin oublié...(fin)

Sur la droite une haie transversale de lilas déclinait des tons de mauves qui se terminaient par un lilas blanc double, fierté de sa mère. Les bouquets en étaient somptueux, quoique habités par quelques fourmis que l’on ramenaient à la maison. Près de la haie aux lilas une petite table de fer peint en vert, accompagnée de ses deux chaises. C’était ici que l’on improvisait les quatre-heures, tranches de saucisson, morceau de fromage, chocolat et pain de campagne parfois un panier de cerises que l’on venait de cueillir sur les deux cerisiers. L’un d'eux avait le tronc penché, comme pour mieux l’inviter à grimper. Elle n’était pas la seule à apprécier les cerises juteuses, la lapine blanche grimpait aussi le long du tronc. C’était sa copine à fourrure, ensemble elles partageaient les carreaux de chocolat et les carottes crues fraîchement cueillies.Sur le mur du fond à droite s’alignaient les clapiers, les cabanes à rangement. Et sur la gauche, au fond bien à l’abri, le coin des pommes de terre nouvelles avec leurs petites fleurs blanches à cœur jaune. Un régal ces pommes de terre nouvelles, leur fine peau, s’en allait en les lavant à l’eau claire. Passées au beurre dans la grande poêle noire, accompagnées d’une salade tendre, elles avaient le goût du bonheur. - Il était grand son jardin alors ? - Oh oui immense, c’était son domaine. Elle y inventait des jeux fabuleux. Ramassait les escargots à chaque pluie qu’elle enfermait dans une caisse recouverte d’un grillage. Dès qu’elle sortait de l’école elle filait au Clos, retrouvait le livre de la bibliothèque rose qu’elle avait commencé la veille, rêvait, écoutait les oiseaux, regardait son père travailler. Et puis elle a grandit, mais dans son cœur il y a toujours un jardin secret, un jardin qu’elle n’a jamais oublié….

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